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J35- J37 La Bretagne, enfin !!!

· 8rouespour5

Mercredi 16 juin, J35. 84km, D+910

Plein d’iode dans le sang, et de soleil dans la peau, nous repartons de Batz-sur-Mer vers le nord, pour traverser le Parc Naturel Régional du Brière.  

On pédale entre les petits villages aux maisons en pierre brune de schiste et de toits d’ardoise, ça devient de plus en plus typique et l’apothéose arrive dans le petit village de Saint Lyphar, où nous voyons de belles longères typiques bretonnes avec des toits en chaume. On se croirait dans Astérix et Obélix, on s’attend à tout coin de rue à croiser Odralphabétix qui envoie son poisson dans la tête de Cétautomatix. Au lieu de ça, on croise un couvreur qui est en train de rénover un toit en chaume. 

On s’arrête stupéfaits pour discuter avec lui, son travail a l’air hyper minutieux. Il nous explique qu’il met 8 semaines pour rénover un seul pan de toit! Au pied de la maison, des bottes de tiges de roseaux toutes neuves attendent d’être posées, et le couvreur nous explique qu’elles viennent de… Camargue! Comme, selon lui, une très grande partie des toits en chaume de la région, car celle-ci ne produit pas assez pour couvrir les besoins des toits bretons. 

On pensait que ça continuerait ainsi mais sortis de ce village, même si les maisons restent typiques en pierre, on ne verra plus de toit en chaume. 

On guette notre panneau de la Bretagne. On voit de plus en plus de drapeaux bretons, le temps s’humidifie et tel le célèbre film, on dépasse à peine le panneau Morbihan, que la pluie se met à tomber. Véridique, ce n’est pas une exagération de sudiste. 

Morbihan!!! On est en Bretagne !! 

Objectif atteint!!! Bon, d’accord, on n’est pas au Finistère, mais c’est quand même une première étape de franchie. 

On est super content, comme un truc enfin accompli, les enfants sont en extase eux aussi. Et tant pis si il pleut, ça fait partie du folklore!! 

On continue à pédaler jusqu’à la ville la plus proche : Redon. Elle est traversée par l’Ille et Vilaine (qui fait la limite de département et de région) et par le canal qui va de Nantes à Brest, qui nous a souvent été recommandé par des cyclotouristes. 

A Redon, on admire l’immense cathédrale, puis on se précipite dans une boutique pour y acheter nos trophées : des drapeaux bretons que nous fixerons à nos vélos! 

Et un bol, bien sûr, parce que c’est aussi l’objectif du voyage. 

Mais c’est quoi cette histoire de bols, d’ailleurs? 

A la maison, nous avons 5 bols prénoms, de 2 provenances différentes. Ceux qui viennent de Quimper sont hyper solides. Utilisés tous les jours, ils ne bronchent pas. 

Ceux qui viennent de Pornic, les 3 autres, sont beaucoup plus fragiles, les oreilles sont ébréchées voir cassées, ils sont fendus et on en est déjà au deuxième pour chacun des prénoms. 

Alors on a décidé de se rendre direct à la source pour acheter des vrais bols bretons solides. 

On voulait aller dans une faïencerie recommandée par des bretons, mais au final on ne pourra pas, car elles sont plus loin en Bretagne, côté Finistère, et pour l’instant on n’a pas trouvé de discours qui fasse l’unanimité sur UNE faïencerie en particulier. 

Pour le fun, on a donc acheté un bol avec écrit « Redon », parce que quand même, on se l’est bien mérité!!! 

Mais on garde ce projet pour plus tard. 

Car on ne va pas se mentir, on sait qu’on ne pourra pas aller plus loin en Bretagne. Notre objectif était le Finistère, si on voulait on pourrait y aller en 3 jours, mais on ne profiterait pas. On est coincé par le timing, Lionel travaille début juillet, il faut entamer le chemin retour. 

Toutes les personnes qu’on a rencontrées, sans exception, nous ont vanté les beautés de la Bretagne. Alors on ne veut pas gâcher sa visite, on veut en profiter, on veut l’honorer, on veut l’explorer. On se promet qu’on reviendra. 

On met le cap pour une ville proche, elle aussi chaudement recommandée par nos rencontres : La Gacilly. Et c’est donc avec nos drapeaux bretons flottants au vent qu’on emprunte le fameux canal de Nantes à Brest. Mais ce sera de courte durée : en moins de 10mn, les enfants se plaignent, sans se consulter, l’un après l’autre, de la monotonie